OUTrans

Blog de l’association OUTrans.
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    Près d’une trentaine d’associations* lesbiennes, gays bis et trans lancent une campagne nationale pour l’égalité des droits et appellent les associations, organisations et individuEs à soutenir massivement une plate-forme pour l’égalité des droits en la signant en ligne : http://www.egalitedesdroits.fr/

    En effet, en 2010, la loi continue à faire des gays, des lesbiennes et des trans, des sous-citoyenNEs : exclusion du mariage, de la parentalité, du don du sang, impossibilité de changer d’état civil sur simple déclaration…

    Ainsi, malgré les avancées en Belgique, Espagne, Portugal, Islande…en France, rien ne change !

    Ce n’est ni l’UMP, ni ses alliéEs de toutes sortes (Boutin, Vanneste, Villiers dont les partis se sont alliés à l’UMP) qui feront changer cet état de fait discriminatoire. D’ailleurs, Xavier Bertrand l’a affirmé en 2009 : l’ouverture du mariage et la filiation aux homosexuelLEs « ne sont pas mes convictions », « ne sont pas les convictions de ma famille politique ».

    Ainsi nous - associations LGBT - avons décidé de lancer une campagne que l’on veut large et massive pour n’exiger qu’une seule chose : l’égalité des droits pour touTEs. Nos revendications ne sont pas négociables car le principe d’égalité, principe garanti par la déclaration des droits humains, n’est pas à discuter. Cependant, en 2010, il reste à établir. Nous invitons les individus, associations, syndicats, partis à signer largement cette plate-forme. Dans les mois qui suivent, nous organiserons des actions, des interpellations de l’opinion et des pouvoirs publicspour faire vivre cette campagne.

    Tant que la loi dira que les LGBT sont inférieurEs, cela légitimera les
attaques homophobes, lesbophobes et transphobes. Notre exigence d’égalité s’inscrit dans une lutte globale pour l’obtention de droits égaux pour touTEs quels que soient leur nationalité, leur couleur de peau, leur
religion, leur état de santé, leur sexe, leur sexualité et leur identité
de genre.

    Alors signez et faites signer la plate-forme pour l’égalité des droits www.egalitedesdroits.fr

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    OUTrans sera présente !

    eg-semaines-des-feminismes1

    Voici le programme :

    Lundi :
    atelier d’expression corporelle sur le thème de mise en situation des participantEs dans des situations opressantes et voir comment parvenir à la faire changer.

    Mardi :
    projection de film / discussion sur le thème les femmes confrontées à la violence / atelier de sefl défense animé par Elsa Dorlin

    Mercredi :
    Discussion finale sur le thème : comment intégrer les luttes féministes dans les universités. Il s’agira de parvenir à identifier des comportements, des publicités, des images, des mots qui démontrent de la présence du sexisme. et en s’appuyant sur ces exemples définir des moyens de lutter contre.
    Soirée scène ouverte à la ferme du bonheur, à nanterre.
    Lecture de texte, slam, poésie, musique sur le thème : par les  femmes sur les femmes.

    http://etudionsgayment.blogspot.com/

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    avril 29th, 2010OUTransCollectif, Communiqué de presse, H.A.S, idaho

    Publié par Yannick Barbe

    Dans un communiqué publié hier, mercredi 28 avril, le Centre LGBT Paris IdF fait état d’une agression dont ont été victimes les comédiennes trans’ du film Mourir comme un homme ainsi que son distributeur, Daniel Chabannes, d’Épicentre Films.

    Les faits se sont déroulés la veille, mardi 27 avril, entre 16h et 17h, près du Parc de Belleville, dans le XIXe arrondissement, à Paris. Mourir comme un homme, le nouveau film de João Pedro Rodrigues, est sur les écrans depuis mercredi (lire notre article).

    INSULTES, JETS DE PIERRES ET DE BOUTEILLES VIDES
    Le communiqué raconte que les deux comédiennes et Daniel Chabannes “se promenaient quand trois individus les ont harcelés en proférant des insultes homophobes et surtout transphobes. Ils ont notamment affirmé que “les transsexuels étaient interdits dans le quartier”. Ils leur ont jeté des pierres et des bouteilles vides et les ont poursuivis jusqu’au véhicule du producteur [Daniel Chabannes, ndlr] qu’ils ont alors dégradé. Excédé, Daniel Chabannes est allé à leur rencontre pour leur demander de cesser leurs exactions, les trois hommes l’ont bousculé et lui ont volé son portable. Il y avait des témoins, personne n’a réagi”.

    Le communiqué précise que Daniel Chabannes a porté plainte et qu’il souhaite témoigner auprès de SOS homophobie.

    Le Centre LGBT Paris IdF conclut en interpellant le ministère de l’Intérieur (“sur le territoire de la République, les droits humains doivent être respectés et garantis à tout moment et pour chacun”) et “demande que les agresseurs soient arrêtés et jugés comme il se doit”. Il rappelle également qu’”il serait opportun d’agir avant que les individus ne se sentent en droit de commettre des actes homophobes, lesbophobes ou transphobes et ceci implique que dès le plus jeune âge, les valeurs de respect et d’égalité soient enseignées; c’est aussi le rôle de l’éducation nationale”.

    [Mise à jour le 29 avril 2010 15h30] Contacté aujourd’hui par téléphone, Daniel Chabannes nous apprend qu’ils étaient en fait cinq au moment de l’agression: João Pedro Rodrigues, le réalisateur du film, João Rui Guerra da Mata, le directeur artistique, Jenny Larrue et Cindy Scrash, deux comédiennes du film et lui-même. Daniel Chabannes a prévu de contacter la Halde cet après-midi.

    Source : Yagg

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    mars 11th, 2010OUTransCommuniqué de presse

    Communique du 9 mars 2010

    L’indépendance de la HALDE est nécessaire pour assurer que la lutte contre les discriminations soit menée sans faiblesse. Pourtant, après des attaques visant le budget de fonctionnement de cet organisme, le départ de son
    Président Louis Schweitzer semble donner lieu à des velléités de reprise
    en mains de la part du gouvernement et des élu-e-s de la majorité, à
    travers un projet législatif portant atteinte au fonctionnement actuel de
    cette institution et au poids de ses délibérations.

    Au nom du principe républicain d’Égalité, l’article 225-1 du Code
    pénal énumère une liste précise de motifs de discrimination. Il s’agit
    là d’établir qu’aucun d’entre eux n’est susceptible de légitimer
    une différence de traitement entre les citoyen-ne-s. L’universalité des
    droits exige au contraire que les garanties des États démocratiques ne
    soient pas limitées par une liste incomplète des motifs de discrimination
    qu’ils reconnaissent. En matière de lutte contre les discriminations et
    d’un point de vue juridique, il n’y a plus aujourd’hui en France de
    hiérarchie, ce dont les associations de lutte contre les discriminations, et
    en particulier LGBT se réjouissent (en continuant à revendiquer la prise en
    compte de l’identité de genre en tant que telle dans la liste des motifs de
    discriminations condamnés par le code pénal).

    Bien entendu, si toutes ces évolutions positives ont été saluées par les
    associations, elles mesurent encore le chemin qu’il reste à parcourir pour
    que la lutte contre les discriminations passe du niveau d’action juridique
    nécessaire à un mieux-être réel des individus dans leur quotidien.

    Ces cinq années d’existence de la HALDE sont aujourd’hui l’occasion pour
    l’autorité administrative indépendante de dresser un premier bilan, à
    savoir l’augmentation d’instructions qui passent de 1500 à 10000 par an et
    une plus grande notoriété acquise. La presse salue la qualité des
    délibérations, et les associations constatent l’efficacité de l’action de
    la HALDE et son expertise indéniable. Pour ce qui concerne les associations
    LGBT, la HALDE a accompli un travail sérieux sur les questions d’éducation
    et de lutte contre l’homophobie par l’éducation et contribué à faire
    évoluer sensiblement les positions du ministère de l’éducation nationale
    sur ce dossier pourtant bien longtemps resté bloqué (même si nous voulons
    que, désormais, l’identité de genre soit elle aussi pris en compte). De
    même, elle a suivi de près la question de l’inégalité d’accès aux droits
    sociaux entre le PACS et le mariage, et défendu des personnes manifestement
    discriminées dans leur activité professionnelle en raison de leur
    homosexualité ou leur trans-identité (sur la base du motif de sexe,
    appliqué aux discriminations sexistes).
    Pour le gouvernement, cette réalité agace et ce d’autant plus que la HALDE
    est venue plusieurs fois contredire des projets de loi comme par exemple le
    projet de loi sur l’immigration, avec l’affaire des tests ADN sur les
    candidats à l’immigration, ou encore celui sur les gens du voyage. Comme le
    rappelait le 5 mars dernier le quotidien le Monde, « L’institution a su
    également favoriser l’émergence d’une jurisprudence contre les
    discriminations - les tribunaux sont de plus en plus attentifs aux avis de la
    HALDE, qui sont suivis dans 80% des cas - et a, plusieurs fois, rappelé à l’ordre le gouvernement sur des dispositions qu’elle jugeait discriminatoires ».

    Le flou entourant le contenu du débat sur la loi organique prévoyant
    l’instauration du « défenseur des droits » nous appelle à être
    particulièrement vigilants et réactifs. Une réflexion du gouvernement

    intégrerait la HALDE comme une institution rattachée au « défenseur des
    droits », qui rappelons-le sera nommé par le pouvoir exécutif. Sous couvert
    de logique et de rationalisation des sujets de défense des droits, la
    déconstruction de ce qu’est la HALDE aujourd’hui remettrait insidieusement en cause les libertés publiques fondamentales. Déjà avec la disparition de la spécificité de l’expertise de la défenseure des enfants la question s’est posée en ces termes.

    Nous, organisations de lutte contre la lesbophobie, l’homophobie, la biphobie, la transphobie et pour l’égalité, dénonçons tout projet qui ferait perdre à la HALDE sa spécificité, son expertise, son efficacité et son
    indépendance, nécessaires pour que les dossiers dont elle se saisit soient
    menés à leur terme, y compris quand les auteurs de discriminations sont des décideurs économiques ou politiques.

    La lutte contre les discriminations nécessitant beaucoup de moyens financiers et humains, le gouvernement doit montrer sa détermination à faire progresser la lutte contre toutes les discriminations en les augmentant et en garantissant l’indépendance des institutions qui les combattent.

    Signataires :

    ADHEOS ; Algo ; AMIHE ; ANGEL 91 ; APGL ; Caélif ; Centr’egaux ; Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes ; Centre LGBT Paris IdF ; Collectif Fier-e-s & Révolutionnaires (PCF) ; Collectif LGBT de Français du Monde-ADFE ; COMIN-G ; Commission LGBT des Verts ; Couleurs Gaies ; Estim’ ; Fédération LGBT ; Fédération nationale de L’Autre Cercle ; FLAG ; Gare! ; HBO ; HES ; Inter-LGBT ; Inter TRANS’ ; Les enfants d’arc en ciel ; Mobilisnoo ; ORTrans ; Quazar ; Tjenbé Rèd ; Trans Aide ;

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    mars 11th, 2010OUTransAppels d'associations, Féministes

    Dans le cadre de la journée internationale des luttes féministes, le collectif Féministes Partout vous à un rassemblement ce SAMEDI 6 MARS à la Rotonde Jaurès - Stalingrad, Paris 19e, de 15h à 17h.

     

    « Nous distribuerons le texte ci-dessous (téléchargeable au format pdf), arborerons banderole et pancartes, écouterons de la musique…On pourra aussi discuter et faire avancer nos projets, boire du thé ou du café, etc.

    PAS EN NOTRE NOM !

    La république n’est pas la liberté pour touTEs ni l’égalité entre touTEs et la fraternité ne profite qu’à certaiNEs.
    La république française est raciste
    Le débat sur l’ « identité nationale » nous a martelé que l’égalité hommes-femmes et le féminisme sont des valeurs nationales. Nous dénonçons cette imposture. Nous sommes féministes et nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes à des fins racistes, islamophobes, électoralistes et nationalistes.
    Penser que le sexisme et l’homophobie n’existent que dans les banlieues, qu’ils ne tuent que chez les raciséEs et dans les « Autres » cultures : chez les pauvres, les pas-catholiques, les pas-blancHEs… est une stratégie idéologique relevant du colonialisme.
    Nous refusons que le féminisme soit exhibé pour discriminer et exclure - par exemple les femmes voilées ou portant la burqa de l’espace public - ou pour justifier le refus de cartes de séjour et de naturalisations.
    La république est raciste parce que les étrangerEs vivant, travaillant et cotisant en France n’ont toujours pas le droit de vote. Sous prétexte de racolage, les prostituéEs sans-papierEs sont expulséEs. Nous observons et condamnons une police et une justice à deux vitesses, notamment vis-à-vis des descendantEs des anciennes colonies.
    Nous refusons que le féminisme soit brandi comme un « label de civilisation » et de modernité.

    Pas en notre nom !

    La république française est hétérosexiste, hétéropatriarcale et homophobe
    Nous refusons cette politique gouvernementale raciste qui sert à occulter le recul des droits des femmes tout autant que la dégringolade des droits sociaux et économiques :

    •Réduction, fermeture et regroupement des centres d’Interruption Volontaire de Grossesse IVG (cf. loi HPST qui démantèle le système de santé).- Réduction des budgets associatifs pour la santé communautaire,
    •Augmentation du nombre d’années de cotisation à la retraite qui va appauvrir les femmes et augmenter leur dépendance,
    •Exploitation des femmes entérinée par l’Etat, notamment pour le soin aux personnes (contrat auto-entrepreneur précarisé, etc.),
    •Attaques contre les putes via la loi sur le racolage passif,
    •Instrumentalisation d’une pseudo “dépsychiatrisation” des trans : toujours pas de changement d’état civil sans opération, toujours pas de remboursements à 100% par la sécurité sociale, toujours des difficultés d’accès au travail…
    •Toujours pas de réelle éducation aux sexualités et contre la lesbophobie, la transphobie, l’homophobie (et même l’inverse si l’on observe l’interdiction de projection du dessin animé éducatif “Le baiser de la lune” dans les écoles primaires)
    •Une logique raciste qui dénonce certains meurtres plus que d’autres : quand un blanc tue “sa” femme c’est un “crime passionnel” - lorsque le tueur est racisé on hurle à la barbarie….

    Le patriarcat des blancs est bien installé, adossé à la religion catholique : le gouvernement soi-disant laïc est mené par un premier ministre catholique pratiquant qui adore rencontrer le pape, Boutin-et-sa-bible a été ministre, le président de la république se signe à tout moment… Un système violemment à l’attaque contre les gouines, trans, pédés et les putes ; un système pratiquant un harcèlement sans répit contre le droit à disposer de son corps et de sa sexualité.
    Dans cette république, il y a des citoyenNEs avec des droits, d’autres avec des demi-droits et d’autres sans droits du tout. Il demeure des inégalités de droit au séjour, à la parentalité, au mariage, à des papiers correspondant à nos identités, à l’accès au suffrage “universel”… Les sans-papierEs, les trans, les gouines, les pédés, les pas françaisES, les prisonnierEs, les psychiatriséEs sont des sous-citoyenNEs. Cette exclusion de la part de l’Etat entretient l’ignorance et décomplexe voire justifie toutes les violences à leur encontre : des insultes banalisées aux agressions physiques, des violences symboliques des administrations à la terreur du patronat.

    Pas en notre nom !

    La république française est impérialiste et capitaliste
    L’armée française est plus que jamais présente en Afghanistan, où elle fait la guerre au nom d’une pseudo “libération des femmes”.
    Les anciennes colonies continuent à être exploitées par des grandes entreprises françaises et la politique d’immigration choisie est une nouvelle forme de pillage des richesses du Sud.
    Faire croire que l’immigration doit être “utile” et “profitable” et dire qu’on va privilégier l’immigration des élites, c’est contraindre le prolétariat à la clandestinité.
    Ce système crée sciemment des concurrences entre travailleurEs, avec ou sans papiers, blancs, non-blancHEs, européenNEs, non-européenNEs, hommes, femmes.
    Ces divisions détruisent nos consciences de classe.
    Ils nous parlent de solidarité internationale pour sauver les banques et leurs bourses. Par contre quand on évoque nos droits et nos acquis sociaux, ils nous répondent « identité nationale ». Nous dénonçons la préférence nationale à l’embauche, tout autant que la mise en concurrence internationale des ouvriers et les délocalisations.
    Nous refusons cette fraternité entre puissants, banquiers et gros industriels, actionnaires et rentiers, qui bénéficient de toutes les facilités pour piller les ressources communes.

    Pas en notre nom !

    Nous refusons le féminisme universaliste blanc, bourgeois, laïcard et hétéronormé qui impose ses croyances républicaines et ses normes d’émancipation, prétexte à la déferlante haineuse et moralisatrice qui oppose les femmes.
    Nous nous réclamons d’un féminisme qui ne se base pas sur une injonction à l’émancipation, qui ne dicte pas un modèle unique de libération mais qui repose sur la parole et les revendications des premières concernées.

    Collectif Féministes partout – Paris, mars 2010 »

    Source : http://feministespartout.blogspot.com/

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    février 18th, 2010OUTransCommuniqué de presse

    En mai dernier, la ministre de la Santé R. Bachelot avait annoncé la «dépsychiatrisation du transsexualisme», dont le décret vient de paraitre le 10 février. De quelle mesure s’agit-il ?

    En réalité le décret prévoit, pour les personnes trans qui le souhaitent, une prise en charge dans le cadre d’une Affection Longue Durée (ALD) qui ne sera plus l’ALD 23 (dédiée aux affections psychiatriques). Au mois de mai, déjà, plusieurs associations trans et LGBT avait dénoncé avec raison un effet d’annonce un peu creux. Car si la décision est symbolique… elle ne change rien pour le moment aux conditions dégradantes et violentes de la prise en charge de la transidentité en France.

    Le gouvernement, par cette mesure, se targue de placer la France parmi les pays les plus progressiste du monde pour les droits des personnes trans. Quelle hypocrisie! Les protocoles actuels, non remis en cause par Bachelot, imposent un suivi par un nombre très limité d’équipes médicales et psychiatriques, qui ont tous les pouvoirs pour décider à la place des trans. Les expertises médicales pratiquées dans ce cadre sont extrêmement pénibles et humiliantes, et l’accès au changement d’état civil reste soumis à la condition d’un suivi psychiatrique et d’une stérilisation.

    Le cadre de ces protocoles a d’ailleurs été confirmé et renforcé dans le pré rapport de la Haute Autorité de Santé sur la prise en charge des trans diffusé au printemps 2009. Cette situation est inacceptable, et montre bien les limites du décret actuel.

    Cette annonce très médiatisée s’inscrit dans un contexte plus qu’inquiétant du fait de la réduction des dépenses de santé imposée par le gouvernement: le changement d’ALD ne peut-il pas signifier à terme la fin du remboursement de certains soins? Par ailleurs, ce pays «si progressiste» refuse toujours de reconnaitre la transphobie comme une discrimination au même titre que le racisme, et donc sa prise en compte par la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations (HALDE). Pour répondre à cette annonce, il faut poursuivre la mobilisation contre l’ingérence de l’Etat et des psychiatres dans nos vies!

    Le NPA est solidaire des revendications des associations et groupes trans qui revendiquentla dépathologisation de la transidentité. Nous revendiquons également: la liberté du changement de la mention de sexe à l’état-civil, l’arrêt des mutilations des enfants intersexes, le droit à disposer de son corps et l’autodétermination de genre.

    Le 17 février 2010

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    février 16th, 2010OUTransCommuniqué de presse

    1989-2009 : La « vraie » dépsychiatrisation du transsexualisme, c’est le droit à l’auto-diagnostic !

    par le Groupe Activiste Trans’- Canal Historique (GAT-CH)

    Mme Bachelot vient d’annoncer, à grand fracas médiatique, que la France allait être le premier pays au monde à « dépsychiatriser » le transsexualisme (que nous désignons sous le terme de « transidentités »).

    Cette déclaration publique et ambiguë tant sur son intention politique que son contenu reste cependant très éloignée des réalités.

    Il s’agirait, en effet, selon cette annonce, de reclasser tout simplement le transsexualisme dans une catégorie administrative (les ALD – Affections Longue Durée, donnant lieu à exonération du ticket modérateur) qui ne serait plus « psychiatrique ».

    Rappelons les faits : En 1989, le ministère de la santé adresse à la CNAM une circulaire qui officialise un protocole de soins (celui du Dr Banzet) créé dans un hôpital parisien. Cette circulaire est à l’origine du mythe qu’est l’existence de protocoles dits officiels avec des psychiatres auto-proclamés spécialistes du transsexualisme.

    Or, cette circulaire, non publiée et « réglementaire », est illégale : Elle est d’ailleurs annulée par une décision de la cour de cassation en …. 2004.

    2004, c’est l’année de signature du fameux décret créant une « ALD trans » classée ALD23, donc psychiatrique, décret que Mme Bachelot entend réformer.

    Qui peut sérieusement penser que les trans’ n’étaient pas psychiatriséEs avant l’ALD de 2004 ? Et qui peut sérieusement envisager que changer la couleur de l’étiquette sur le flacon suffira à changer la potion ?

    Il s’agit donc, par cet effet d’annonce, de revenir à la situation antérieure au décret de 2004 : Les trans’ demandant une ALD (touTEs n’en ont pas besoin !) obtenaient le plus souvent une ALD « hors liste ». Aucune dépsychiatrisation n’est donc prévue à l’horizon des trans’.

    Alors, pourquoi cette déclaration ? Tout simplement parce que la classification du transsexualisme dans une ALD psychiatrique n’est plus utile, en 2009, au gouvernement et à la CNAM. En effet la Haute autorité en santé (HAS) vient de leur fournir un rapport à la limite de l’overdose psychiatrique.

    La concordance temporelle de ces deux évènements (d’une part le rapport de la HAS et d’autre part l’annonce « politicienne » de la dépsychiatrisation du transsexualisme) ne peut nullement être fortuite; tout comme l’apparition « spontanée » du décret de 2004 (ALD psychiatrique) suite à l’annulation de la circulaire de 1989 par la cour de cassation la même année.

    La HAS vient tout juste de rendre public un « pré-rapport » sur une évaluation des pratiques médicales liées au transsexualisme. Cette évaluation, demandée en 2004 par des associations trans’(juste peu de temps avant l’apparition du décret ALD trans’ sans la moindre concertation avec la communauté), il aura fallu pas moins de cinq années pour produire un document, bon à mettre à la poubelle, et cela pour plusieurs raisons.

    La HAS n’a « évalué » que les fameuses équipes hospitalières (publiques) décrites dans la circulaire de 1989. Des équipes qui ne suivent en réalité que 10% (à peine) des personnes trans’ dans ce pays; les 90% des transitions se faisant dans des parcours « libres » dans lesquels les trans’ choisissent librement leurs médecins (un droit qui serait fondamental pour la médecine libérale, mais la médecine est-elle libérale dans ces équipes « auto-proclamées » ?).

    La HAS n’a donc évalué que 10% des pratiques. Nous considérons que le résultat est plutôt faible pour une agence officielle d’Etat, financée par les deniers publics.

    N’ayant évalué que des pratiques fondées sur une psychiatrisation à outrance, la HAS ne peut évidemment que produire des recommandations hautement psychiatrisantes… « garbage in, garbage out » dit-on en informatique… Si la HAS avait pris la peine (et elle a eu largement le temps pour le faire) de rencontrer les équipes médicales choisies par les trans’, elle se serait rendue compte que la pratique ultra-psychiatrisante qu’elle recommande relève d’ une grave erreur pouvant porter atteinte à la vie privée et socioprofessionnelle de la population trans’. Ce rapport impose entre autres le « Real Life Test » ou expérience en vie réelle avant toute hormonothérapie ou chirurgie qui « permet de mettre à l’épreuve la persistance de la demande pour poursuivre le parcours de soins, malgré certaines déceptions. Pendant cette expérience, le patient doit vivre en permanence dans le rôle du sexe désiré dans les activités quotidiennes, sociales et professionnelles et montrer son intégration sociale dans ce rôle. Il doit choisir un nouveau prénom et informer les membres de la famille du changement prévu. » La HAS dangereuse pour la vie des trans’ c’est tout de même un comble.

    Remarquons au passage que ce rapport ne tient pas compte de la demande ministérielle de dépsychiatrisation. Si le gouvernement est de bonne foi, et que sa volonté de dépsychiatriser est réelle, alors il doit immédiatement jeter l’actuel pré-rapport de la HAS et demander impérativement une évaluation digne de ce nom, tenant compte d’une part de la dépsychiatrisation annoncée et d’autre part de la participation des associations en tant que telles. Dans le cas contraire, le gouvernement nous fournit, une fois de plus, la preuve qu’il se contente intentionnellement d’ un effet d’annonce et entend plus que jamais, poursuivre la psychiatrisation des personnes trans’ en s’appuyant sur le contenu obsolète du pré-rapport de la HAS.

    La « dépsychiatrisation » des transidentités est et reste une revendication votée à l’unanimité par une assemblée générale des trans’ en 2004, à l’initiative du GAT (Groupe Activiste Trans’).

    Mais derrière ce mot, la réelle intention gouvernementale est tout autre.

    Que pouvons-nous donc encore espérer ?

    En cette période d’élection du Parlement européen, le gouvernement comme la HAS pourraient enfin tenir compte d’une résolution du Parlement européen qui date, elle, de… 1989 !

    1989, rappelons-le, est la date de rédaction de la circulaire illégale par le ministère de la santé légitimant l’existence d’équipes auto-proclamées expertes des questions trans’.

    En effet, il y a 20 ans, le Parlement européen, qui ne peut être confondu avec un groupe activiste radical, invitait : “les États membres à arrêter des dispositions reconnaissant aux transsexuels le droit de changer de sexe par le recours aux traitements endocrinologiques, à la chirurgie plastique et aux traitements esthétiques, arrêtant la procédure applicable en la matière et interdisant toute discrimination à l’égard des transsexuels;

    considèr[ait] que la procédure précitée doit garantir au moins les possibilités suivantes :

    · diagnostic différentiel psychiatrique/psychothérapeutique de la transsexualité, dans le sens de l’aide à l’autodiagnostic;”

    Tout est dit : La dépsychiatrisation a pour corollaire immédiat la reconnaissance fondamentale du droit à l’auto-diagnostic. L’un ne va pas sans l’autre.

    Ce n’est pas par hasard si 90% des personnes trans’ refusent les équipes « auto-proclamées » et choisissent des parcours de transition sans psychiatrie imposée, bénéficiant ainsi, de façon libre et éclairée, de l’auto-diagnostic.

    Dépsychiatriser le transsexualisme, c’est donc reconnaître le droit fondamental à l’autodiagnostic des transidentités. Cette revendication est aujourd’hui loin d’être satisfaite.

    Groupe Activiste Trans’- canal historique Paris, mai 2009

    http://transencolere.free.fr/

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    février 13th, 2010OUTransCommuniqué de presse

    Le Ministère de la Santé de Roselyne Bachelot vient de faire le 10 février 2010 [1] ce qu’il annonçait en grande pompe en mai 2009 [2] : rayer ce qu’il appelle le “transsexualisme” (et que nous appelons la transidentité) de la liste des “affections longue durée”, ou ALD, définies dans le Code de la Sécurité Sociale. C’est-à-dire de la liste des “pathologies” dont les soins sont par défaut pris en charge et remboursés à cent pour cent par les assurances maladie, liste qui concerne notamment des maladies mentales, parmi lesquelles le “transsexualisme” était classé.

    Et comme déjà en mai 2009, le Ministère diffuse cette information par une campagne médiatique tonitruante et hystérique, au timing hautement électoraliste, saluée par des institutions et personnes qui parlent à la place des personnes transidentitaires. Comme s’il s’agissait d’une nouvelle révolutionnaire, et comme si l’État français était le champion international du progrès des droits des trans’.

    Or, comme nous le prédisions déjà lors de l’annonce de mai 2009, il n’en est rien : Non, l’État français ne vient absolument pas de “dépsychiatriser” la transidentité ! Il vient de la dérembourser.

    Il vient de fait de priver, d’un trait de plume, bon nombre de personnes transidentitaires de tout moyen de remboursement de leurs soins, sans leur en fournir d’autres, p.ex. sous forme d’une ALD “indéfinie”, comme il l’a pourtant promis officieusement en 2009. Et tout ceci sans changer quoi que ce soit d’autre à la condition invivable qu’il impose aux trans’ depuis des décennies.

    Il s’agit donc d’un pur mensonge quand les media annoncent que “la France est le premier État au monde à dépsychiatriser le transsexualisme”.

    La vraie information du jour est que la France vient de devenir un État encore plus transphobe qu’elle ne l’est déjà : un État de plus à pousser les personnes transidentitaires chaque jour plus profondément dans la misère sans rien faire pour leurs droits humains, civiques et sociaux ni contre les discriminations qu’elles subissent, notamment de la part de l’État français lui-même.

    Car le Ministère de la Santé et ses services, en particulier la Haute Autorité de Santé dans son rapport extrêmement rétrograde et transphobe d’avril 2009 [3], continuent à parler de “troubles de l’identité de genre” et à préconiser la surveillance médicale, y compris psychiatrique, des personnes transidentitaires. Il est même question d’introduire un “fichier national des transsexuels” :
    sinistre mémoire…

    Mais rêvons un instant au rythme des annonces tonitruantes du Ministère de la Santé, et supposons que l’État français vienne réellement et pour de bon de “dépsychiatriser” la transidentité : il pourrait dès lors, en toute logique, abolir instantanément toutes les discriminations qu’il nous impose au titre de la classification de la transidentité parmi les maladies mentales… Chiche ! Prenons tout cela au mot.

    Nous exigeons par conséquent que l’État français prenne immédiatement
    les mesures suivantes :

    - La fin de toute pathologisation de la transidentité, à quelque titre et sous quelque forme que ce soit : c’est la transphobie qui est une pathologie, pas la transidentité.

    - L’accès libre et sans conditions aux soins dont les personnes transidentitaires ont besoin, sans classement comme malades, ni mentaux ni autres, y compris sous le nom de “troubles de l’identité de genre”. Car les trans’ ne sont malades de rien du tout : leurs souffrances sont exclusivement le résultat de la transphobie de l’État français et de la société transphobe que celui-ci produit et leur impose.

    - La fin du “parcours” et des “protocoles” que l’État français impose aux trans’ en toute illégalité, car nous n’avons pas besoin de l’avis de prétendus “experts” pour savoir qui nous sommes : les expertEs en transidentité c’est nous, qui la vivons 24 heures sur 24.

    - Tout particulièrement la fin immédiate des maltraitances “médicales” que l’État français impose arbitrairement aux trans’ : obligation de stérilisation avant tout accès à leurs droits civiques égaux, traitements médicamenteux destructeurs, “expertises” sous forme de véritables viols, lavages de cerveau…

    - Que l’État français paie réparation : selon le principe que tous dégâts sont à réparer par celui qui les cause, l’État français doit réparation aux trans’ de tout ce qu’il leur fait subir, au mépris des Droits Humains, depuis des décennies. Subordonner cette réparation à une quelconque condition, en particulier à une classification préalable des trans’ comme “malades” ou personnes “troublées”, à quelque titre que ce soit, est inacceptable.

    - Les droits civiques et sociaux égaux pleins et entiers pour toutes les personnes transidentitaires (droit à l’emploi, droit à la santé, droits familiaux et parentaux, droit de vote sans filtrage selon l’apparence de la personne…)

    - L’abolition du premier chiffre du numéro de Sécurité Sociale, qui stigmatise les trans’ et les exclut de fait du marché de l’Emploi.

    - L’abolition de toute mention de sexe et de genre sur tous les papiers d’identité de la personne, pour la même raison.

    - Le changement d’état civil (y compris l’acte de naissance de la personne) sur simple demande pour toutes et tous.

    - Une vraie politique d’éducation publique contre la transphobie et l’homophobie de la part de l’État français, ensemble aux groupes autogérés de personnes LGBTI (lesbiennes/gay/bisexuelles/transidentitaires/intersexe). En commençant bien entendu par l’éducation de l’État français lui-même.

    - Une vraie politique de santé publique pour les personnes LGBTI, en particulier, mais pas seulement, dans les domaines des Infections Sexuellement Transmissibles. Cela doit inclure le doit au don du sang, qui nous est toujours refusé à ce jour.

    - La fin immédiate des violations par l’État français de la Charte Européenne des Droits Humains, notamment face aux personnes transidentitaires, telle que l’exige le Commissaire aux Droits Humains du Conseil de l’Europe [4].

    Tout cela vous semble beaucoup ? Ce n’est pourtant que le strict minimum nécessaire à une vie humaine digne de ce nom. Nous sommes partantEs. L’État français l’est-il ?

    Nous ne négocierons aucune de ces revendications minimales.

    Et nous continuerons d’observer de très près tout ce que l’État français et ses services feront pour ou contre les personnes transidentitaires.

    Car nous ne croyons aux promesses que quand elles se réalisent. Et quand elles nous prennent au sérieux.

    Support Transgenre Strasbourg, le 13 février 2010

    téléphone : 06 12 32 47 64 (après 18 h)
    e-mail : sts67@sts67.org
    site Web : www.sts67.org

    Notes :

    [1] Lire
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021801916
    (décret original consultable sur http://www.journal-officiel.gouv.fr/
    sous la date du 10 février 2010)

    [2] Lire
    http://www.sante-sports.gouv.fr/declassification-de-la-transsexualite-de-la-categorie-affection-de-longue-duree-ald-23-affections-psychiatriques-de-longue-duree.html

    [3] Lire
    http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_766400/projet-de-rapport-sur-la-prise-en-charge-du-transsexualisme-la-has-ouvre-une-consultation-publique
    , et lire notre analyse et réponse ici :
    http://pccsxb.net/dl/sts/text/2009-05-11_cp_rapport_HAS.txt

    [4] Lire http://www.coe.int/t/commissioner/Viewpoints/090105_fr.asp

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    février 11th, 2010OUTransPrison

    La première prison réservée aux transsexuels ouvrira ses portes en mars en Italie. Victimes de violences, placés dans des établissements pour hommes, privés de traitements hormonaux… La situation des trans en milieu carcéral n’est pas meilleure en France. Enquête.

    Le 10 février 2010 - par Anouchka Collette

    On apprenait mardi sur le blog d’Eve Mongin, avocate française installée en Italie, l’ouverture d’une prison un peu particulière. L’établissement pénitentiaire de Pozzale, en Toscane, sera désormais réservé aux transsexuels ou transgenres, une centaine incarcérés dans le pays.

    En France, impossible de connaître leur nombre exact. « Une infime minorité de la population carcérale, mais les prisons de Fleury-Mérogis, Caen ou Marseille, en accueillent quelques-uns en permanence », explique François Bès, de l’Observatoire international des prisons (OIP).

    « On ne sait pas combien ils sont, car leur spécificité reste un tabou. Ils sont placés dans les prisons pour hommes ou pour femmes, en fonction de leur état civil, point-barre », se désole t-il.

    Moqueries, humiliations, violences

    Cette affectation automatique pose problème pour les personnes « en transition », qui n’ont pas encore obtenu –voire demandé- le changement d’état civil. Ainsi, des trans avec une apparence de femme, qu’ils aient ou non changé de sexe, se retrouvent dans des prisons d’hommes. Avec, à la clé, une intégration presque impossible, entre moqueries, humiliations et violences.

    « La prison exacerbe toutes les formes de rejets : trans-phobie, homophobie ou racisme, de la part des détenus et des surveillants », regrette François Bès.

    Les « solutions » sont laissées à la libre appréciation du directeur de la prison, au cas par cas. « La loi est muette sur le statut des transsexuels en général, alors en prison, c’est de la négociation, du pragmatisme, pas du droit !,  explique l’avocat Emmanuel Pierrat. L’administration pénitentiaire se trouve vite démunie.»

    Les mesures prises pour protéger les trans sont « loin d’être idéales », prévient donc François Bès. « Ils sont placés en cellule individuelles, dans des quartiers d’isolement normalement réservés aux délinquants « dangereux », n’ont pas accès à la plupart des activités et se promènent à des heures différentes, dans une petite cour grillagée », détaille t-il.

    Pourtant, la situation s’est améliorée. En 1999, trois matons sont condamnés par le tribunal correctionnel d’Evry pour viols répétés sur des transsexuels à la prison de Fleury-Mérogis. Depuis, l’administration pénitentiaire leur porte une attention plus soutenue.

    Dans cette même prison, les trans ont été regroupés dans un quartier dédié. Un membre du PASTT (association d’aide aux transsexuels) leur rend visite une fois par semaine. Une « cantine » (sorte d’épicerie carcérale) spéciale transsexuels a vu le jour. Le personnel pénitentiaire semble mieux informé et l’accès aux traitements hormonaux y est plus facile qu’ailleurs.

    Refus de prescrire des traitements hormonaux

    L’accès aux soins, «  récrimination principale des détenus transsexuels dans leurs courriers », est loin d’être garanti partout, confirme Xavier Dupont, secrétaire général du Contrôleur des prisons.

    « Certains médecins, pour des questions de moralité ou parce qu’ils ignorent tout de la question, refusent de prescrire ces traitements hormonaux », explique Laura Persell, de la commission prison d’Act Up.

    Le cas de Chloé, qui purge parmi les hommes une longue peine de détention, mobilise les associations. Incarcérée dans un premier temps à Caen, cette transsexuelle dénonce dans une lettre discriminations, viols réguliers et déni des médecins, qui ont stoppé son traitement hormonal.

    « Voir des attributs masculins réapparaître alors qu’on se sent femme, c’est très dur psychologiquement », note François Bès.

    Chloé a commencée à se mutiler, allant jusqu’à tenter de « s’opérer elle-même ». Transférée à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes, elle continue à réclamer l’opération. « La demande est en cours, mais cela devrait prendre encore au moins 6 mois », selon François Bès.

    Chloé a également demandé un changement d’état civil, « une procédure longue », explique Emmanuel Pierrat. « Alors que leur apparence change, les transsexuels restent pendant presque trois ans officiellement des hommes », détaille l’avocat.

    En Italie, une solution « tentante mais discriminatoire »

    « Dans un monde idéal, les personnes incarcérées devraient pouvoir choisir elles-mêmes comment se définir, mais vu l’état des prisons en France, et des droits de l’homme en prison, ça n’est pas prêt d’arriver », regrette Emmanuel Pierrat.

    L’Italie a-t-elle choisie la bonne alternative en isolant les transsexuels ? La prison leur offre un refuge et garantit la poursuite de leur traitement hormonal.

    « Ranger les détenus par catégorie, trans avec trans, toxico avec toxico ou fou avec fou, c’est une solution tentante », reconnait François Bès. Pour autant, il n’adhère pas à l’initiative italienne, « discriminatoire, à l’encontre de l’objectif final de réinsertion ».

    Alors que la cour suprême de Londres a autorisé pour la première fois en septembre 2009 un détenu transsexuel non opéré à intégrer une prison pour femmes, impossible de connaître l’état actuel de la jurisprudence française, ou les éventuels projets. Contacté par nos soins, le ministère de la Justice n’a pas donné suite.

    Cet article est la version longue d’un article paru dans le magazine Les Inrocks du 10 février.

    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1265819281/article/libre-detre-transsexuel-en-prison/

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    novembre 29th, 2009OUTransAppels d'associations, Collectif

    Le 1er décembre prochain, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, Act Up-Paris appelle les dirigeantEs des pays riches à renforcer leur contribution financière à la lutte contre la pandémie dans les pays pauvres. Une manifestation pour l’accès universel aux traitements partira de la place de la Bastille à Paris à 18h30 (affiche ci-jointe).

    Parcours de la manifestation : départ à 18h30
    - Bastille, Beaumarchais, Filles du calvaire, Temple, République, Turbigo, Beaubourg, Simon le Franc, Blancs manteaux

    La manifestation se poursuivra à l’Espace des Blancs-Manteaux, 48 Rue Vieille du Temple, 4ème, avec des prises de paroles, un pot, un déploiement du Patchwork des noms.

    Aujourd’hui, à l’approche de 2010 - année d’objectif d’accès universel aux traitements - moins de 40% des séropositifVEs qui en ont besoin ont accès à un traitement antirétroviral à travers le monde.

    Pourtant, dès 2005, les pays du G8 s’étaient engagés à garantir l’accès universel aux traitements en 2010. Si enrayer la pandémie de sida — qui fait 6000 mortEs par jour — et atteindre l’accès universel aux traitements est possible, cela est aujourd’hui fortement compromis par le désengagement des pays les plus riches, qui refusent d’augmenter leur contribution. Or, sans une augmentation des efforts financiers, l’accélération des mises sous traitements, l’accès au dépistage, le passage à des traitements plus récents, le suivi biologique des personnes recevant des traitements, ne pourront avoir lieu,

    Malgré les appels répétés des acteurs de la lutte contre le sida dans les pays en développement, des chercheurs et des activistes, les pays les plus riches ont préféré renflouer les caisses de leurs banques plutôt que d’engager les fonds nécessaires pour tenir leurs promesses (soit environ 0,1% de ce qui a été versé aux banques l’année dernière).

    En refusant de répondre à l’urgence de l’épidémie, Sarkozy et son gouvernement, Merkel, Obama, Brown, Harper, Berlusconi, Hatoyama et Medvedev se rendent coupables de millions de nouvelles contaminations et de mortEs. Sida : la crise a ses coupables !

    Source : Act Up-Paris

    Pour le 1er décembre 2009, OUTrans organise un bloc trans : pour plus d’information, consultez notre article sur le site.

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