1er décembre 2011 : La transphobie tue… pas le dépistage

En ce 1er décembre 2011, l’heure est aux comptes. Alors que l’enquête INSERM sur la santé sexuelle des personnes trans confirme une forte prévalence VIH chez les filles trans, nous pensons qu’il est grand temps que l’ensemble des personnes et activistes trans acquièrent, développent et diffusent un savoir sur les spécificités de la prévention trans. Malgré nos identités, nos sexualités, nos partenaires et nos conditions d’existence diverses, nous devons sans plus attendre mettre en place des discours positifs sur la sexualité, nous permettant de nous informer, de discuter et de mettre en pratique, au mieux, des techniques de réduction des risques qui nous conviennent.

Alors qu’il a été nécessaire de se battre pour penser nos identités trans hors d’une question de sexualité et de lutter contre l’exotisation de nos corps, nous pensons, à OUTrans, qu’il est désormais temps de refaire de nos corps des corps sexuels, et ce, avec nos propres moyens et nos propres discours. Être capable de nommer et de discuter nos envies, nos problèmes, nos désirs, nos obstacles, nos jouissances, nos corps, c’est acquérir du pouvoir sur notre sexualité et notre santé sexuelle.

C’est dans cette optique qu’OUTrans lance aujourd’hui une campagne pour le dépistage du VIH en direction des personnes trans. En effet, nous pensons que l’accès au dépistage est une des clefs de voûte d’une bonne santé sexuelle, et ce, quelques soient nos identités, nos pratiques ou nos prises de risques. Nous pensons que discuter de dépistage avec son, sa ou ses partenaires, c’est permettre d’ouvrir la discussion sur la prévention et la santé sexuelle.

Parler de dépistage, c’est aussi parler de VIH, car c’est en en parlant et en sortant de la peur et de la honte que nous pourrons nous donner des moyens d’action sur notre santé. Pour nous, à OUTrans, le sida n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il est tu ou ignoré.

En ce jour de 1er décembre, lutter contre la sérophobie – qu’elle vienne de l’Etat, de nos employeurs, de nos familles, de nos partenaires – fait partie de la lutte contre l’épidémie. Ce n’est qu’en la combattant que nous permettrons un meilleur dialogue sur le VIH/sida, et donc, une meilleure prévention adaptée aux pratiques, aux envies, aux statuts et aux corps de chacun-e-s.

En ce jour de 1er décembre, nous souhaitons également réaffirmer notre entier soutien à nos sœurs trans et travailleuses du sexe, car ce sont elles les plus touchées par le VIH. Si l’ensemble de notre communauté est fortement touchée, nous refusons d’aplanir nos différences et de ne pas reconnaître les spécificités des différents groupes qui la composent.

OUTrans dénonce la fin de la gratuité de l’Aide Médicale d’Etat, la suppression du droit de séjour pour soins, les lois pour racolage passif et le harcèlement policier qui les accompagnent, conduisant nos sœurs trans travailleuses du sexe et migrantes à être les plus touchées par le VIH et les plus confrontées aux actes les plus violents de transphobie.

 

OUTrans exige aujourd’hui que :

  • d’autres enquêtes sur la sexualité des trans soient menées et soutenues par le Ministère de la Santé,
  • des recherches médicales concernant de possibles interactions entre THS/ARV soient menées,
  • des financements soient alloués aux associations de terrains concernant les questions trans et santé sexuelle.
  • la séropositivité ne soit plus considérée comme une contre-indication aux chirurgies génitales.

 

OUTrans

www.outrans.org

Retrouvez la campagne sur notre page consacrée.

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